15 septembre 2026
SASU : définition, fiscalité et fonctionnement
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est une SAS constituée d’un seul associé. Cette société par actions unipersonnelle reprend toutes les règles de la SAS, adaptées à la présence d’un associé unique : grande liberté statutaire, responsabilité limitée aux apports et capital social libre. La SASU convient à l’entrepreneur qui souhaite se lancer seul tout en bénéficiant du cadre d’une société par actions et de la protection sociale du régime général.
La SASU est dotée de la personnalité morale : la société distingue le patrimoine personnel de l’associé de celui de la SASU. Sa responsabilité limitée constitue, avec la souplesse de fonctionnement, l’un de ses principaux avantages. Ce guide présente la définition, la création, le régime fiscal, le statut social du président et la différence entre SASU et EURL.
SASU : définition et caractéristiques de cette société par actions
La SASU est une société par actions simplifiée à associé unique. Là où la SAS réunit plusieurs actionnaires, la SASU n’en compte qu’un seul, personne physique ou personne morale. Le capital social de la société est divisé en actions détenues par cet actionnaire unique. La grande liberté statutaire de la SASU permet d’organiser librement le fonctionnement de la société dans les statuts : pouvoirs du président, conditions de cession des actions, règles de décision de l’actionnaire.
Cette forme juridique séduit l’entrepreneur qui veut une société souple et évolutive : l’entrée de nouveaux actionnaires transforme naturellement la SASU en SAS, sans changement de forme. La responsabilité de l’associé unique reste limitée au montant de ses apports au capital. La société par actions simplifiée unipersonnelle distingue ainsi le patrimoine personnel de l’associé du patrimoine de l’entreprise.
Comment créer une SASU : étapes et formalités de création
La création d’une SASU suit plusieurs étapes. L’associé unique rédige d’abord les statuts de la société, qui fixent l’objet social, le siège, le montant du capital et les règles de fonctionnement. La rédaction des statuts engage le fonctionnement de la société. Le capital social est librement fixé, sans montant minimum imposé, et peut être constitué d’apports en numéraire (une somme d’argent) ou en nature (un bien apporté à la société).
La rédaction des statuts terminée, l’associé procède au dépôt du capital social, à la publication d’un avis dans un support d’annonces légales, puis au dépôt du dossier d’immatriculation sur le guichet unique des formalités des entreprises. La publication de cette annonce légale informe les tiers de la création. L’immatriculation au registre du commerce et des sociétés donne naissance à la personne morale. Ces formalités de création représentent un coût (frais d’annonce légale, frais d’immatriculation) et un certain formalisme. La création d’entreprise sous forme de SASU reste néanmoins accessible à l’entrepreneur.
Régime fiscal de la SASU : impôt sur les sociétés ou option IR ?
La SASU est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS) : les bénéfices de la société sont imposés à son niveau. L’associé unique peut opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant cinq exercices au maximum, sous conditions. Ce choix de régime fiscal influe sur l’imposition des bénéfices et sur la fiscalité de la rémunération du dirigeant. Le régime fiscal de la SASU se choisit donc dès la création.
L’associé unique peut percevoir des dividendes, en complément ou à la place d’une rémunération de président. La combinaison rémunération et dividendes constitue un levier de gestion fiscale propre à la SASU, à apprécier selon la situation de l’entrepreneur, avec l’appui d’un expert. À l’IS, le bénéfice imposable de la société est distinct du revenu personnel de l’associé. La SASU peut également relever de la franchise en base de TVA ou d’un régime réel de TVA selon son activité.
Statut social du président de la SASU
Le président de la SASU, souvent l’associé unique lui-même, est assimilé salarié : il relève du régime général de la sécurité sociale, comme un salarié, mais ne cotise pas à l’assurance chômage. Cette affiliation au régime de sécurité sociale lui offre une protection sociale proche de celle d’un salarié. Le régime social du président de SASU constitue un critère central.
En l’absence de rémunération, le président ne paie pas de cotisations sociales minimales, contrairement au gérant d’EURL relevant des travailleurs non salariés. Le statut social du dirigeant pèse donc dans le choix de la forme juridique de la société. La rémunération versée au président entraîne des cotisations sociales calculées comme pour un salarié.
Avantages et inconvénients de la SASU
Parmi les avantages de la SASU, l’entrepreneur retient surtout :
- une responsabilité limitée aux apports, qui protège le patrimoine personnel ;
- un capital social libre, sans montant minimum imposé ;
- une grande liberté statutaire et une structure évolutive vers la SAS ;
- la protection sociale du régime général pour le président assimilé salarié ;
- la possibilité de combiner rémunération et dividendes.
En contrepartie, les inconvénients tiennent au coût social et au formalisme. Les cotisations sociales d’un président assimilé salarié sont généralement plus élevées que celles d’un travailleur non salarié. La rédaction des statuts demande de la rigueur, et la gestion suppose une comptabilité complète, l’établissement des comptes annuels et leur dépôt. Ces obligations pèsent davantage que sous le régime micro. Ces avantages et inconvénients orientent le choix de l’entrepreneur.
Exemple : une SASU pour un consultant
Un consultant qui se lance seul peut créer une SASU pour bénéficier du régime général. Il rédige les statuts, fixe le capital social, dépose le capital, publie l’annonce légale et obtient l’immatriculation de la société. Selon sa rémunération et ses dividendes, il pilote sa protection sociale et sa fiscalité chaque année.
SASU ou EURL : quelle différence ?
Les deux formes permettent d’entreprendre seul, en société à responsabilité limitée et avec un capital libre. La différence tient surtout au statut social du dirigeant : assimilé salarié en SASU (protection du régime général, pas de cotisations sans rémunération), travailleur non salarié en EURL (cotisations sociales généralement plus faibles, mais minimales dues). Le régime fiscal diffère aussi par défaut : IS pour la SASU, IR pour l’EURL.
Le choix entre SASU et EURL dépend des priorités en matière de protection sociale, de rémunération et de coût. La SASU se compare également à la SAS, dont elle est la version unipersonnelle, et à la SARL.
Questions fréquentes sur la SASU
Quelles sont les spécificités de la SASU par rapport aux autres statuts ?
La SASU se distingue par la grande liberté statutaire de la SAS, le statut d’assimilé salarié du président et l’imposition à l’impôt sur les sociétés par défaut. Elle s’adresse à l’entrepreneur qui veut une société par actions souple et une protection du régime général.
Quels sont les coûts de création d’une SASU ?
La création d’une SASU implique notamment les frais de publication de l’avis d’annonce légale et les frais d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés, auxquels s’ajoute, le cas échéant, l’accompagnement d’un professionnel pour la rédaction des statuts.
Comment se déroule la gestion quotidienne d’une SASU ?
Le président dirige la société et engage les décisions. La SASU tient une comptabilité complète, établit ses comptes annuels et procède à leur dépôt chaque année. L’associé unique approuve les comptes de l’exercice.
Quels sont les principaux défis d’une SASU ?
Le coût des cotisations sociales du président, le formalisme de création et de gestion, et le choix du régime fiscal figurent parmi les principaux défis de cette société. Un suivi rigoureux de la rémunération et des dividendes aide à piloter la structure.
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